Micro-entreprise et chômage : garder l'ARE ou prendre l'ARCE ?
Comment France Travail calcule votre allocation quand vous facturez, et quand vaut-il mieux prendre le capital.
Si vous touchez l'allocation chômage (ARE), vous pouvez créer une micro-entreprise sans perdre vos droits. Vous avez alors deux options : garder l'ARE chaque mois en plus de votre chiffre d'affaires, ou prendre l'ARCE, c'est-à-dire une partie de vos droits versée d'un coup sous forme de capital.
Option 1 : garder l'ARE chaque mois
Chaque mois, France Travail retire de votre allocation 70 % de vos revenus d'indépendant. Pour un micro-entrepreneur, ce « revenu » est votre chiffre d'affaires moins l'abattement forfaitaire :
- vente de marchandises : CA moins 71 %, donc 29 % du CA est retenu ;
- prestations de services (BIC) : CA moins 50 %, donc 50 % retenus ;
- professions libérales (BNC) : CA moins 34 %, donc 66 % retenus.
Exemple : votre ARE est d'environ 1 200 € par mois et vous encaissez 1 000 € en prestations de services.
- Revenu retenu : 1 000 € × 50 % = 500 €.
- Réduction de l'ARE : 70 % × 500 € = 350 €.
- Ce mois-là, vous touchez environ 850 € d'ARE en plus de vos 1 000 € de chiffre d'affaires.
Trois limites à connaître :
- l'ARE et vos revenus réunis ne peuvent pas dépasser l'ancien salaire mensuel brut moyen qui a servi à calculer votre allocation ;
- ce cumul est plafonné à 60 % des droits qui vous restaient le jour de la création. Une fois ce plafond atteint, l'ARE s'arrête. Exception : si l'activité ne vous a encore rien rapporté, vous pouvez demander la suite des versements à l'instance paritaire régionale (IPR) dans les 6 mois ;
- il faut déclarer votre chiffre d'affaires chaque mois lors de votre actualisation sur France Travail.
Option 2 : l'ARCE, un capital pour démarrer
L'ARCE vous verse 60 % des droits ARE qui vous restent, moins une retenue de 3 % pour les retraites complémentaires, en deux fois :
- la moitié au démarrage de l'activité ;
- l'autre moitié 6 mois plus tard, si l'activité existe toujours et que vous n'êtes pas en CDI à temps plein.
Conditions : avoir créé l'entreprise après la fin de votre contrat de travail, toucher l'ARE et avoir obtenu l'ACRE. L'ACRE n'est pas automatique et se demande dans les 60 jours : voir le guide ACRE.
Comment choisir ?
| Garder l'ARE | Prendre l'ARCE | |
|---|---|---|
| Intéressant si… | votre activité démarre doucement ou vos revenus sont incertains | vous avez besoin d'argent pour investir (matériel, stock) ou vous aurez vite des revenus |
| Sécurité | un filet chaque mois, qui s'ajuste à vos revenus | l'argent est versé une fois pour toutes, même si l'activité ne marche pas |
| Retraite | les périodes indemnisées comptent pour la retraite de base | ne fait pas valider de trimestres de retraite |
| En cas d'arrêt | l'ARE continue sur les droits restants | vous pouvez retrouver les 40 % restants, après un délai |
France Travail propose un simulateur officiel pour comparer les deux : « Connaître les aides France Travail à la création ou reprise d'entreprise ». Parlez-en à votre conseiller avant de créer l'entreprise.
Ce qu'il ne faut pas oublier
- Votre ancien contrat de travail contient peut-être une clause de non-concurrence : vérifiez-la avant de lancer une activité proche de votre ancien métier.
- L'ARE reste imposable et soumise à CSG-CRDS, en plus de vos cotisations de micro-entrepreneur.
Sources : service-public (cumul ARE), page vérifiée par l'administration le 29 septembre 2026 ; service-public (ARCE), vérifiée le 13 août 2026. Les montants exacts sont calculés par France Travail selon votre dossier.