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Micro-entreprise et chômage : garder l'ARE ou prendre l'ARCE ?

Comment France Travail calcule votre allocation quand vous facturez, et quand vaut-il mieux prendre le capital.

3 min de lecture Mis à jour en novembre 2026 Sources officielles citées

Si vous touchez l'allocation chômage (ARE), vous pouvez créer une micro-entreprise sans perdre vos droits. Vous avez alors deux options : garder l'ARE chaque mois en plus de votre chiffre d'affaires, ou prendre l'ARCE, c'est-à-dire une partie de vos droits versée d'un coup sous forme de capital.

Option 1 : garder l'ARE chaque mois

Chaque mois, France Travail retire de votre allocation 70 % de vos revenus d'indépendant. Pour un micro-entrepreneur, ce « revenu » est votre chiffre d'affaires moins l'abattement forfaitaire :

  • vente de marchandises : CA moins 71 %, donc 29 % du CA est retenu ;
  • prestations de services (BIC) : CA moins 50 %, donc 50 % retenus ;
  • professions libérales (BNC) : CA moins 34 %, donc 66 % retenus.

Exemple : votre ARE est d'environ 1 200 € par mois et vous encaissez 1 000 € en prestations de services.

  • Revenu retenu : 1 000 € × 50 % = 500 €.
  • Réduction de l'ARE : 70 % × 500 € = 350 €.
  • Ce mois-là, vous touchez environ 850 € d'ARE en plus de vos 1 000 € de chiffre d'affaires.

Trois limites à connaître :

  • l'ARE et vos revenus réunis ne peuvent pas dépasser l'ancien salaire mensuel brut moyen qui a servi à calculer votre allocation ;
  • ce cumul est plafonné à 60 % des droits qui vous restaient le jour de la création. Une fois ce plafond atteint, l'ARE s'arrête. Exception : si l'activité ne vous a encore rien rapporté, vous pouvez demander la suite des versements à l'instance paritaire régionale (IPR) dans les 6 mois ;
  • il faut déclarer votre chiffre d'affaires chaque mois lors de votre actualisation sur France Travail.

Option 2 : l'ARCE, un capital pour démarrer

L'ARCE vous verse 60 % des droits ARE qui vous restent, moins une retenue de 3 % pour les retraites complémentaires, en deux fois :

  • la moitié au démarrage de l'activité ;
  • l'autre moitié 6 mois plus tard, si l'activité existe toujours et que vous n'êtes pas en CDI à temps plein.

Conditions : avoir créé l'entreprise après la fin de votre contrat de travail, toucher l'ARE et avoir obtenu l'ACRE. L'ACRE n'est pas automatique et se demande dans les 60 jours : voir le guide ACRE.

Comment choisir ?

Garder l'AREPrendre l'ARCE
Intéressant si…votre activité démarre doucement ou vos revenus sont incertainsvous avez besoin d'argent pour investir (matériel, stock) ou vous aurez vite des revenus
Sécuritéun filet chaque mois, qui s'ajuste à vos revenusl'argent est versé une fois pour toutes, même si l'activité ne marche pas
Retraiteles périodes indemnisées comptent pour la retraite de basene fait pas valider de trimestres de retraite
En cas d'arrêtl'ARE continue sur les droits restantsvous pouvez retrouver les 40 % restants, après un délai

France Travail propose un simulateur officiel pour comparer les deux : « Connaître les aides France Travail à la création ou reprise d'entreprise ». Parlez-en à votre conseiller avant de créer l'entreprise.

Ce qu'il ne faut pas oublier

  • Votre ancien contrat de travail contient peut-être une clause de non-concurrence : vérifiez-la avant de lancer une activité proche de votre ancien métier.
  • L'ARE reste imposable et soumise à CSG-CRDS, en plus de vos cotisations de micro-entrepreneur.

Sources : service-public (cumul ARE), page vérifiée par l'administration le 29 septembre 2026 ; service-public (ARCE), vérifiée le 13 août 2026. Les montants exacts sont calculés par France Travail selon votre dossier.

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